27 juin 2013 - 19:30
Manuel Valls reçoit les victimes et promet de venir à Argenteuil

Après la déclaration publique de François Hollande condamnant les actes anti-musulmans à l’Elysée, les victimes et leurs soutiens attendent des gestes concrets des autorités pour enrayer l’islamophobie.Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, a reçu, mercredi 26 juin, l’une des victimes ainsi que son avocat et un représentant du collectif d’habitants d’Argenteuil, apprend-t-on de la Coordination contre le racisme et l’islamophobie (CRI). « Le ministre leur a promis de se rendre à Argenteuil pour rencontrer les victimes et leurs familles », a fait savoir son président, Abdelaziz Chaambi.

ABNA: Celui-ci nous confirme qu’il s’agissait de Rabia, l’adolescente de 17 ans agressée le 20 mai qui a été reçue ce jour avec son père, une semaine après une première rencontre avec le directeur de cabinet de M. Valls.Leïla, la femme enceinte qui a perdu son enfant après l’agression, son mari ainsi que le député-maire d’Argenteuil Philippe Doucet ont également été reçus par le ministre de l’Intérieur dans la matinée mais séparément, avec un nouvel avocat, a-t-on appris.Le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) s’est félicité de la nouvelle prise de position du ministre, qui a reconnu « le caractère anti-musulman et raciste des agressions survenues ces dernières semaines sur la ville d’Argenteuil ».« Mais pourquoi tant de temps pour s’exprimer et condamner ces agressions ? (…) Peut-on faire confiance à un ministre de l’Intérieur aussi combatif et déterminé lorsqu’il s’agit d’interdire le port du voile mais qui tarde à se manifester face à des attaques islamophobes avérées ? », s’interroge l’association. « La communauté musulmane déplore le fait de devoir systématiquement se mobiliser pour obtenir justice ou attirer l’attention de nos responsables politiques comme si nous étions des citoyen-ne-s de seconde zone. »« Nous maintenons nos revendications concernant une table ronde avec les ministres de l’Intérieur et de la Justice afin d’étudier en commun les moyens de lutter contre la montée intolérable de l’islamophobie. Nous souhaitons à terme la mise en place d’un bureau de vigilance contre les actes anti-musulmans afin que ce phénomène ne soit plus nié ou minimisé à des fins politiciennes », déclare pour sa part la CRI.Fin/229